Le lundi 4 avril 2022

Pénurie de main d’œuvre : 3 pistes à explorer pour y répondre

Chacun s’attendait à une fin d’année 2021 assombrie par une montée massive du chômage. À la surprise générale, non seulement le chômage est à son plus bas niveau depuis 13 ans, mais les entreprises sont aujourd’hui confrontées à une pénurie de main-d'œuvre. Et si pour certains secteurs tels que le BTP ou le médical, cette situation n’a rien d’inédit, elle s’accentue considérablement. Signe d’un renouveau des modes de travail et de nouvelles attentes des salariés qui tendent à s’inscrire sur le long terme. Pour faire face à ces difficultés, les entreprises doivent s’adapter. Voici 3 pistes à explorer pour conserver leur compétitivité et leur attractivité.

En septembre 2021, le gouvernement mettait en place le plan de réduction des tensions de recrutement afin de pourvoir 300 000 emplois dans :

  • l’hôtellerie/restauration
  • le BTP
  • l’industrie
  • la santé et le grand âge
  • les transports et la logistique
  • le commerce

Repenser les modes de travail

La crise sanitaire a forcé entreprises et travailleurs à repenser leurs modes de travail. En septembre 2021, la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) a mené l’enquête pour comprendre la baisse du chômage d’un côté et la pénurie de main d'œuvre de l’autre.

Les conclusions font état d’un manque de candidats pour les métiers qualifiés comme les métiers de bouche, du numérique et un manque d’attractivité des métiers moins qualifiés où la main d'œuvre est importante.

C’est-à-dire que si le secteur de l’hôtellerie/restauration peine à recruter, ce n’est pas nécessairement par manque de profils ad hoc. Mais l’activité partielle mise en place durant la crise a mis l’accent sur les difficultés du modèle en tant que tel : horaires décalés, contrats saisonniers, pénibilité, rémunération peu attractive…

C’est plus de 200 000 professionnels de la restauration qui se sont reconvertis suite à la crise du Covid. Les dirigeants du secteur ont compris qu’il était urgent d’opérer des changements pour attirer de nouveaux talents.

Les entreprises qui subissent une pénurie de travailleurs ont aussi tout intérêt à élargir leur réseau, tant d’un point de vue des profils candidats que d’un point de vue géographique. En effet, le télétravail permet de recruter à distance et les profils freelance sont de plus en plus nombreux.

Ils représentent aujourd’hui près de 12% de la population active, soit 3,5 millions de travailleurs indépendants en France. Un vivier de talents et de compétences professionnelles dont les entreprises ne peuvent se passer.

Créer des opportunités et favoriser la montée en compétences

Attendre le CV idéal ou le recruteur le plus performant est une option mais dans les secteurs en grande pénurie, les entreprises et les services RH doivent être proactifs. Pour aller chercher les jeunes talents, il est indispensable d’adapter ses codes : quelle campagne de recrutement pour quelle cible ? Sur quel canal devez-vous être le plus visible ?

On sait que les outils numériques ont fait bouger les lignes : le CV ne fait pas tout, on s’intéresse aux diplômes mais aussi aux soft skills. Autant de nouveautés à prendre en compte dans son processus.

En Angleterre, par exemple, la pénurie de main d'œuvre dans le BTP est inquiétante. Pour y faire face, Kier Group, la deuxième entreprise de construction du Royaume-Uni a mis au point la campagne Shaping Your World (Façonne ton monde). Cela consiste à mobiliser 1% de ses salariés pour se rendre dans les lycées et universités afin de rendre les métiers du BTP plus attrayants pour les jeunes. Notamment en mettant en avant les technologies de pointe.

Autre solution : dénicher les talents insoupçonnés en interne. Les compétences professionnelles, même spécifiques, peuvent s’acquérir. Il est donc bénéfique pour l’entreprise de créer des passerelles vers les postes les plus difficiles à pourvoir, proposer les formations adhoc. Il existe aussi l’option de prendre des personnes peu qualifiées et de les former aux compétences nécessaires.

Dans ces deux cas, la démarche consiste à mettre en avant les montées en compétence, les évolutions professionnelles et la formation en interne.

Soigner sa marque employeur

À l’heure où les travailleurs se disent en quête de sens dans leur carrière, les entreprises qui souhaitent recruter doivent comprendre les nouvelles attentes des salariés. Comme l’illustre Welcome to The Jungle, santé mentale, inclusion, marque entreprise ou encore RSE sont les maîtres-mots en 2022 !

95% des candidats se renseignent sur l’entreprise pour  laquelle ils postulent. Mettre en avant vos actions RSE et votre culture d’entreprise de façon authentique et transparente aura donc beaucoup d’impact pour recruter.

Netflix mise par exemple beaucoup sur sa marque employeur grâce à une Culture d’entreprise très détaillée, mais aussi deux blogs et un podcast interne, “WeAreNetflix”.

Décathlon fait de ses équipes ses ambassadeurs de marque : l’entreprise met en avant ses collaborateurs dans des interviews qui sont publiées sur YouTube ou Instagram et dévoilent régulièrement les coulisses de ses processus de recrutement pour attirer les talents de tous horizons.

 

Et si le talent rare que vous peinez à dénicher se cachait déjà dans votre entreprise ?Accompagnez-le avec un bilan de compétences